DES BREBIS DANS LE MAÏS (2)

 

 

LA COURSE – AMES SENSIBLES SAUTEZ CE PASSAGE

 

Le drapeau à damiers s’abat, Alain prend un bon départ mais on voit tout de suite les motos puissantes s’envoler dans la ligne droite. Qu’importe on reste sur notre objectif. Un peu tendu au départ Alain commence à aligner des chronos réguliers et de bon niveau.

Ce premier relais nous semble durer des heures, enfin le moment arrive d’afficher « BOX 2 » et de se préparer pour le premier relais

Alain descend de la moto, on le regarde à peine chacun étant affairé à sa tâche, Do monte. Je me souviens de l’avoir vu plus détendu. Débéquillage, poussette et c’est parti. Je retourne en courant au poste de panneautage pendant qu’Alain signe des autographes et pose avec des starlettes avides de partager sa gloire.

Do commence son run sur un bon rythme, il a une baisse de régime à mi distance, puis revient à ses bons chronos du début.

Tous ceux qui ont piloté une moto en été peuvent imaginer comme il doit être difficile d’aligner des chronos sur une piste avec le stress de la compétition et la peur de faire une bêtise.

Second relais, nos pompiers de luxe entrent en action (voir les photos) c’est beau comme la patrouille de France un 14 juillet. Jean – Paul et Jean- Luc ravitaillent en un temps record (forcément c’est la première fois qu’ils le font).

Ca mériterait un ralenti et de la musique, c’est la version béarnaise d’alerte à Malibu ces deux sex symboles en nage qui font leur devoir avec abnégation

 

Bruno repart, d’entrée les chronos sont sérieux et ils descendent à chaque tour. Fanny sa fille et Leila sa nièce viennent nous rejoindre dans la fosse du chrono. A ce moment là Mireille tient le panneau et moi le chrono. On discute avec les deux filles en attendant le passage du pilote, et là le cauchemar recommence pendant qu’on guette son apparition au début de la ligne droite

5 secondes de retard : tient il va pas faire un bon tour !

10 secondes de retard : il a du être gêné par un concurrent.

30 secondes de retard : il a du faire un tout droit et repartir.

A la minute de retard on sait plus quoi imaginer surtout que les filles, malgré nos sourires de façade, commencent à comprendre qu’ils se passe quelque chose.

Enfin on le voit apparaître mais il ne passe pas devant nous et prend directement la direction de stands.

Je commence à courir (oui oui j’aurais donc couru une fois au cours des trente dernières années) pour prévenir le stand. Quand je sors de la fosse je vois, à une centaine de mètres, que tout le monde est déjà prêt à l’accueillir. Je réalise qu’eux aussi suivent la course depuis les stands et qu’ils avaient compris que quelque chose clochait.

 

Bruno rentre au stand et commente : perdu l’avant, petite glissade, guidon tordu. Jean – Paul redresse le guidon à la main on vérifie le reste et on déclare la moto apte à reprendre. Je regarde ma montre, il lui reste huit minutes, on pourrait envisager de changer de pilote dès maintenant pour gagner du temps.

Mais je connais trop bien Nono la science, je sais que c’est dans ces moments là – bien énervé après une gamelle – qu’il est le meilleur. Il repart et recommence à faire tomber les chronos à chaque tour.

 

Le deuxième run d’Alain est un modèle du genre, il fait pratiquement tous ces tours dans la même seconde. Au bord de la piste on est tous desséché et cramés mais on ne pense qu’à nos pilotes.  

C’est au tour de Do de reprendre la piste, ses chronos sont meilleurs qu’au premier run, mais la chute d’un autre concurrent nécessite l’intervention du Safety Car (on aura vraiment eu toutes les configurations d’une course d’endurance).

En gros c’est une voiture qui entre sur la pise et roule au ralenti tant que les traces de la chute ne sont pas effacées (et bien sur on n’a pas le droit de la doubler).

A ce moment là la direction de course nous informe que la course s’arrêtera à 19H00 (soit environ 20 minutes de moins que prévu).

Un rapide calcul nous montre que si on veut que les temps de pilotage soient équitables il faut faire rentrer Do au prochain tour, on le panneaute donc directement BOX 1 alors que le Safety Car est encore en piste puis BOX.

 

Bien sûr il est déçu (à moins qu’il ne donne des coups de poings dans le reservoir de Raclette que pour entretenir sa forme) mais en vrai pro il obeit aux consignes et rentre au stand.

Bruno repart pour le dernier run, le concurrent qui est devant nous à plus d’un tour d’avance, donc le but – plus que jamais – est de rester sur ses roues.

Je regarde ma montre, il reste un quart d’heure de course, deux heures plus tard je regarde ma montre et il reste quatorze minutes de course…..

C’est interminable, heureusement Bruno est serein et affiche un bon rythme régulier.

18H58 plus que deux minutes d’angoisse, je vois le directeur de course s’approcher de la ligne d’arrivée avec le drapeau à damier… Ca devient bon !

Et là, stupeur. Un commissaire arrive et tend un drapeau rouge ! Il y a eu un accident en piste, on guette tous Bruno pourvu que ce soit pas lui. La direction de course envoie directement les pilotes au stand sans passer par la ligne d’arrivée, nous n’aurons donc pas droit à ce moment magique, mais bien sûr pour l’instant on guette les pilotes à s’en décrocher les yeux.

Enfin les voilà, Raclette et Bruno, sains et saufs. La course est finie, on l’a fait , on est resté sur nos roues et on est allé jusqu’au bout !

 

 

DES BREBIS ET DES REVES

 

Comme toujours après avoir traîné en longueur le temps a brusquement accéléré sa course. Beaucoup d’entre nous avaient de la route à faire et il y avait tout le campement à ranger.

On a fait des photos des pilotes et de l’équipe (hélas pas de tout le monde en même temps) puis il a fallu se dire au revoir.

La bonne chose c’est qu’à l’exception de deux new yorkais on savait qu’on se revoyait la semaine suivante.

Une chose est sûre les brebis ont une fois de plus réussi leur pari !

 

 

SPECIALES DEDICACES

 

Comme il s’agissait d’une véritable aventure collective je n’ai cité de noms que lorsque c’était indispensable à la compréhension de l’histoire.

Il y a donc de nombreux membres de notre équipe que je n’ai pas cités nommément mais qui ont compté autant que les autres.

Je voudrais cependant rendre un hommage particulier  à tous ceux qui n’étaient pas en vacances et qui ont avalés énormément de kilomètres juste pour être de la partie.

Tout d’abord tous les « avignonnais » et surtout la famille Van Bergen rentrée chez elle à 5H30 du matin (pour reprendre le boulot en suivant).

Et aussi à Martin, brebis d’élite qui a fait l’aller retour tout seul depuis la Corrèze juste pour voir courir des jeunes de nos âges.

 

Enfin un grand merci aux épouses, concubines, maîtresses, amoureuses, fiancées, etc etc de nos pilotes (elles se reconnaîtront toutes). Sans leur amour et leur compréhension rien n’aurait été possible, et nous savons tous à quel point il est douloureux d’avoir peur pour un proche.

 

 

La semaine prochaine nous ferons ce que nous faisons toujours après une belle aventure … nous parlerons du futur.

 

Je dédie le récit de cette épopée à mon frère Eric dont j’ai toujours admiré la capacité à réaliser ses rêves.

Commentaires (2)

1. Julien 14/10/2009

Très belle première course malgré les problèmes techniques en tout genre !!
J'aurais aimé être là :D

2. ACC 31/07/2009

Viiiite, la suite, comment ça s'est terminé tout ça ? Ahlala, quel suspense !!! Désolée d'avoir loupé ces moments d'anthologie, mais à l'avenir ça devrait moins se produire normalement...
Grosses bises aux pilotes et aux petites mains (ravaudeuses, cuisiniers, redresseurs de guidons, porteurs de panneaux, etc.) et bravo à tous, car quel qu'ait été le résultat final, c'est déjà géant d'avoir fait tout ça !!! Mais ceci étant dit, Frank STP fais péter la suite !!!!

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